vendredi 17 juillet 2009

Orage bellevillois

Deux « vues parisiennes » qui se suivent, deux chaises semblables, deux trottoirs ressemblants à deux jours d’intervalles, et pourtant si différents.

Cette fois-ci, une course a précédé, des rires ont suivi. Une très jolie soirée sous différents orages. Une soirée presque improvisée, très bien accompagnée.

L’orage a cette soudaineté qui ne peut être combattue, une instantanéité si remplie qu’elle rend le vide saturé. Un bruit de déchirement, d’exaltation, de déchainement. La ville se transforme sous les éléments, elle devient noire et irréelle. Elle subit la tempête, courbée, prête à se laisser aller. Elle sait que le moment d’angoisse va passer, que les choses reprendront leurs places même si les stigmates resteront pour que rien ne soit oublié. Que quelques heures ou même minutes plus tard, le tourment sera passé, l’instabilité évaporée.

Sauf si on préfère l’état orageux, quand tout est possible et que le reste se mélange sans que l’on comprenne. Il y a parfois des tonnerres contre lesquels on ne peut rien. Et c’est tant mieux. Il faut savoir se laisser déborder. Comme Belleville ce jeudi soir. Comme ces deux-là qui remontaient la rue rapidement sous les dernières gouttes. Comme le trottoir lisse et brillant dans lequel se reflétaient des étoiles que l’on ne voyait pas. Comme une longue ballade sous un ciel incertain. Et savoir recommencer.



Created with Admarket's flickrSLiDR.

mardi 14 juillet 2009

Macadam en fête


The question. Une veille de 14-juillet, qu'est ce qu'on fait?


On dort en prévision du lendemain; On se prépare pour la Garden; On commence la danse avec les pompiers...

On peut aussi rentrer d'une soirée apéro sur le douzième coup de minuit telle Cendrillon (nous n'avons pas perdu de chaussures; ni rencontré le Prince...), des bouteilles de vins bien vidées laissées derrière nous. Un chemin de retour dans le 9e et une rencontre avec un bar déjà aux humeurs de fête, "le Vintimille". Une musique balancée sur le macadam, des pas de danse échangés entre inconnus sur le trottoir, des drapeaux français de rigueur pour cette veille de 14-juillet, des cocktails bien frais venus à point nommé, des rencontres impromptues...

Ambiance en flou




dimanche 12 juillet 2009

La lune dans son envol, Gilberto Sorentino


Il faut faire une constatation. Ça sera brute de décoffrage, clair net et précis, une annonce qui ne se veut pas odieuse mais simplement juste et humaine. Quelques mots comme un couperet. Une vérité pas si facile à dire et qui n’a pourtant aucune once de méchanceté. Pas même un soupçon. Ni même une quelconque amertume ou un esprit de revanche envers l’auteur. Mais (roulements de tambours), tous les livres ne sont pas bons.

Ça parait un peu bête à dire, même naïf. Pourtant lorsque l’on aime les livres, c’est quand même un peu la loose. Parce qu’il y a des livres qui vous séduisent d’un coup, au premier abord, au premier regard… et derrière, rien. Le vide. La grande déception. Le livre qui en tombe, les bras avec. C’est le cas de La lune dans son envol. La couverture était pourtant attirante, l’édition (Actes sud) habituait aux bonnes choses. Le recueil était bien nommé, une envie lunaire d’ailleurs et de douceurs, de paysages inconnus et de personnages un peu flous. Ici ils le sont un peu trop flous. A tel point qu’on ne peut pas s’y raccrocher.


L’auteur prend le parti d’écrire en direct avec une omniscience très forte, bien trop forte. Une impression de brouillon s’en faire ressortir. Des histoires sans queue ni tête, dans le brouillard. Chaque nouvelle reprend le thème du looser, éternel amoureux de la femme du pote, qu’il se tape ou pas. Toujours un peu alcoolique sur les bords, notamment ceux de comptoir. Sauf que ce côté Bukowski s’évapore très vite, et dès la troisième nouvelle l’effet voulu s’éparpille. Le reste devient de la purée de pois. Et la purée de pois, dans l’assiette ou sur la route, ça ne donne pas envie d'aller plus loin. Ce livre c’est pareil, aucune envie de finir, ni même de continuer. Je ne suis même pas allée voir ce qu’il se passait du côté de la sixième nouvelle. Gilberto Sorentino m’a perdu en route. Bon voyage à ceux qui réussiront à ne pas descendre du train.

mardi 7 juillet 2009

Grand ménage

Le soir de la fête de la musique il y a eu le feu. Pendant des heures. Sur des scènes, dans la rue, dans les bars. Certains ont mis le feu, d’autres l’ont subi. Et presque pas de pompiers ni de grande échelle à l’horizon. Enfin presque.
Je m’explique. Parce que là je sais bien, chers habitués et néophytes du Fauteuil, que vous vous demandez où je veux bien en venir à reparler de la Fête de la musique un mardi 7 juillet.



Donc. Le 21 juin dernier il y a eu le feu, rue du Louvre dans le 2ème arrondissement, au niveau du n° 32. Des scooters et motos ont pris feu. Avec flammes et fumée noire.
Si je reprends cette info aujourd’hui, c’est qu’hier c’était la fin du grand ménage par la mairie de Paris. Plus de traces, plus de cendres. Plus de carcasses, plus de poussières. Alors que reste-t’il ? Des vitres explosées, des grandes traces noires et des images. Des images (ici dailymotion) pour se souvenir que tout peut très vite partir en fumée, comme un ravalement !
Parce que l’ironie de cette histoire vient de l’immeuble devant lequel les véhicules ont brûlé. Cet immeuble est celui du CFJ (centre de formation des journalistes) qui venait de se refaire une beauté de façade quelques semaines auparavant. C’est comme si rien n’a été fait, comme si ces derniers mois étaient… pffft.
Une preuve de plus que tout peut partir très vite en fumée. Un ravalement mais tout le reste aussi.

mercredi 1 juillet 2009

Sur le fil


Caverne aux merveilles, grotte d’Alice et du lapin blanc, cabane aux mille plaisirs … Bird on the wire est tout ça à la fois… Et plus encore. Un vrai coup de coeur. Comme une rencontre. Dans une petite rue calme derrière Bastille, pas le côté agité rue de Lappe/rue de la Roquette, la devanture rose bonbon détonne et sent bon la découverte toute douce. Oui une boutique peut être toute douce. C’est le cas de celle-ci.


Grande comme deux fois un mouchoir de poche, remplie d’un joyeux et joli bordel organisé, Bird on the wire est un magasin pour faire plaisir et se faire plaisir. Mille objets originaux, un peu fous, divers et variés allant des boucles d’oreilles 45 tours (version mini rassurez-vous), du collier esquimau à la fraise, en passant par un petit livre noir pour Être rock (Philippe Manœuvre), des robes de petites filles pas si sages et un décor fait de vieilles machines à écrire, de cages à oiseaux, de chaises et tables de jardin… Et dans cette boutique enchantée, c’est Thomas qui vous accueille. Derrière son comptoir-caisse, il guide et propose les petites merveilles que Céline, discrète, derrière son rideau, fabrique. Ou qu’ils ont chiné.


90% des bijoux de Bird on the wire sortent des mains de Céline, avec des inspirations venues d’Alice au pays des merveilles, du rock, du rétro, des instants enchantés. De ceux qui vous font vous sentir bien, d’un coup, pour rien et simplement. Cette boutique c’est comme un baume au cœur, un pansement sur une mauvaise journée, un sourire inconnu. On y trouve des cadeaux à s’échanger avec sa meilleure amie, à donner sans occasions, à s’offrir un jour de pluie. Des petites poupées, des collants qui croquent les genoux, des mouchoirs M. Atchoum. Des colliers avec un vrai mini harmonica Horner ou l’horloge du lapin blanc. Tic tac.


Chez Céline et Thomas, on ne trouve que ce qu’ils aiment, comme ça c’est facile. Ou pas, si vous avez les mêmes goûts qu’eux. Ils importent aussi des objets d’ailleurs, comme les figures japonaises à messages ou les appareils photo lomographes à effets multiples comme les fisheye qui font des têtes comme dans une cuillère à soupe. Bird on the wire vient de souffler sa première bougie. Avant, tout passait par internet, sur leur site. Puis, le mal des autres les a pris, et l’envie de voir qui commandait leur babioles et bricoles à travers un écran d’ordinateur a pris le dessus. Bien leur a pris. Commander sur internet les mille merveilles de la boutique c’est toujours possible (ici) mais allez leur dire bonjour, ça leur fera plaisir.


Bird on the wire
2 rue de Lesdiguières
Paris 4e
Ouvert de 12 à 19h30, du mardi au samedi
(Cet été, si vous passez par là le dimanche, n’hésitez pas à pousser jusqu’à la boutique, parfois ça sera ouvert)

mardi 30 juin 2009

Rue des Martyrs, Patrick Eudeline


Le Drugstore Publicis. Ces deux mots ne veulent pas dire grand-chose pour la génération des 15-25 d’aujourd’hui, ni même jusqu'à 30. Juste un grand immeuble en verre, avenue des Champs-Élysées, proche de la place de l’Etoile. Des souvenirs de récits des parents, des photos en noir et blanc dans les rétrospectives d’années lointaines. L’époque petit minet, blouson noir et gomina ; jupe plissé et chaussettes hautes pour filles à papa pas si sages. Pourtant pour la génération d’après guerre, c’est Le lieu, façon Amérique des 60’s et les premiers émois du rock outre-Atlantique et Manche à la fois. Hamburgers et milk-shake d’avant Mcdo consommés au comptoir ; cigarettes importées et bas nylons Dim mis bien évidence sur les étagères. Et la musique furieusement nouvelle et rock avec des rangées et des rangées de 45 tours alignés sur les murs. Les Stones, les Beatles, Cliff Richard, les Shaddows ou The Who côté anglais ; Sylvie Vartan, les Chaussettes noires, Antoine, Johnny, Françoise Hardy ou Jacques Dutronc côté français.

Rue des Martyrs commence à cette époque, alors que Jérôme, minet chaussé en Weston, rêve de se voir sur la pochette d’un vinyle bien placé au Drugstore. Un monde qu’il tente d’approcher du haut des marches de l’immeuble en verre. Accompagné pour cela de Chouraqui, le meilleur pote, le frère, le suiveur, et de Gudule, surnom du troisième de la bande mais version féminine avec qui il couche quand l’envie lui prend. On suit l’histoire de Jérôme sur plusieurs décennies, et les changements d’époques, de codes, de musiques qui s’en suivent. Et quand celui-ci disparaîtra pendant quelques années, c’est son souvenir à travers Chouraqui qui prend le relais. Lorsque l’on connaît un peu la vie de Patrick Eudeline, on ne peut s’empêcher de penser à un roman à tendance autobiographique. Genre « oui, c’est moi, Jérôme… ».


Et puis, et alors ? Si le roman est bon, peu importe, non ? Oui peu importe car il est vraiment bon ce roman. Il se lit comme le diamant file sur les sillons, d’une traite, malgré quelques sursauts. Il est surtout ponctué de situations bien choisies, de sourires amusés, et parfois tristes, du regard un peu nostalgique sur cette époque pas si rose bonbon. Les années 1960 filent sur la face A ; la face B s’occupe du reste jusqu’à aujourd’hui version remix rock trash, aire d’Internet, du Baron et de fb. Une seule interrogation, le titre… Pas de rue des Martyrs citée à ma connaissance. Champs-Elysées, oui ; Saint-Germain des Prés, oui ; rue du faubourg Montmartre et le Palace, oui ; même Deauville… Mais pas de rue des Martyrs. Je compte sur vous pour éclairer ma lanterne. D’ici là, soyez Rock !

mardi 23 juin 2009

Un appartement



Une jolie idée venue de Lancôme et repérée ici (Merci Thierry Richard).

Une histoire à plusieurs mains, les votre, les miennes, les notre.
J'ai commencé l'histoire de cet "appartement" imaginaire; à vous de poursuivre.
Une histoire illustrée avec les images du making of de la dernière publicité de Lancôme et son Hypnose. Très magnifiquement illustrée par Daria Werbowy.

Soyez imaginatifs, concis précis et sensuels.
Soyez inspirés, drôles, sexys, justes. Soyez libres.
J’ai maintenant hâte de lire vos mots et contributions.

Je vous embrasse.